§ Les élèves du Lycée Louis Vicat ont redécouvert Souillac

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Le jeudi 13 juin, les élèves des deux secondes générales du Lycée Louis Vicat ont participé à une sortie pédagogique organisée par leurs professeurs principaux Mme Marie-Christine Osmont et M. Jean-Marc Bertrand. Cette visite pédestre les a menés aux alentours de Souillac, des rives de la Dordogne et jusqu’au cœur de la ville. La journée avait pour but de décrire les éléments du Patrimoine présents sur Souillac, faire le lien avec les éléments vus lors de l'année en particulier en Histoire et Géographie et préparer l'an prochain autour de quelques notions qui seront vues à partir du mois de septembre.

Pour commencer, ils ont pris des repères de la ville en passant par le quartier des Molières pour situer les différents axes qui ont permis de franchir la Dordogne: avec le Pont Vicat au début du XIXème siècle, le viaduc ferroviaire à la fin de ce même siècle et le viaduc de l'autoroute au XXème siècle. Les axes constituent un élément important autour de Souillac, à la fois élément de dynamisme, mais aussi de frein. L'économie locale a ainsi été soutenue par les passages sur l'axe Nord-Sud, mais aussi Est-Ouest, car Souillac était le dernier lieu jusqu'au quel les bateaux remontaient la Dordogne, d'où un port et des activités de transport. De même, les bateaux descendaient le fleuve vers Bordeaux en transportant du bois essentiellement, tel le merrain servant à la fabrication de contenants pour la conservation du vin. Mais jusqu'à la construction du Pont Vicat, début du XIXème siècle la circulation pouvait être perturbée au-delà d'une journée selon l'affluence, mais aussi les conditions fluviales, soit la période de l'année. La Dordogne possède un dense passé, mais elle peut encore être actuelle.

Autour du pont, M. Patrick Nicolas, professeur de Sciences et Techniques de l'Ingénieur Développement Durable, spécialité Environnement et Énergie, est venu expliquer le potentiel énergétique que constitue la Dordogne avec des hydroliennes, turbine hydraulique utilisant l'énergie cinétique des eaux comme une éolienne le fait pour le vent. La Communauté des Communes de Souillac travaille aujourd'hui dans ce sens pour voir si le potentiel est viable et s'il est possible d'équiper ce site. Les premiers contacts avec les entreprises fabriquant cet équipement ont souligné que le site portait de bonnes qualités en particulier avec une vitesse de l’eau, supérieure à 7km/heure, qui est totalement suffisante. On pourrait croire que les pêcheurs pourraient s'opposer à ce projet, mais les hydroliennes fabriquées ont été faites pour ne pas créer de contraintes sur l'environnement halieutique. Un potentiel limité mais totalement renouvelable, n'est-ce pas l'un des objectifs pour le Développement Durable et, à une autre échelle, locale celle-là, pour la section et le Baccalauréat STI DD présents au Lycée Louis VICAT? Avant le repas pris à Lanzac, les moyens pour lutter contre les risques ont été évoqués avec les stations limnimétrique et météorologique. De même, et malgré la hauteur des eaux, les éléments de construction ont été aperçus tels que les batardeaux.

Un repas champêtre a été pris sur la pelouse de l'espace près du camping de Lanzac, tout cela a été fort agréable car le temps était encore au beau. La zone inondable, soit zone dangereuse pour les hommes et leurs équipements, a été décrite sur la rive droite après avoir retraversé le Pont: l'absence de constructions, du Pont à la zone des Sports, côté Souillac, a été observée. La Dordogne est à la fois un élément dynamique pour la ville, transports hier, tourisme aujourd'hui, mais il peut être aussi un danger face aux inondations pouvant apparaître dans cette vallée fluviale. Les hommes ont donc pris en compte les différents enseignements que l'Histoire peut apporter, mais aussi par la mise en place de différentes techniques, cartographiques, fluviales, météorologiques, limnimétriques,...

Le retour s'est fait à travers la vieille ville de Souillac avec la visite des éléments historiques constituants la cité au sens propre. C'est ainsi que le périple a commencé place Pierre BETZ avec le chevet de l'Abbatiale Sainte-Marie. Le cloître a été vu avec le descriptif de ce que pouvait être la vie des Abbés jusqu'en 1790, lieux de vie, dortoirs, repas, activités physiques comme le jardinage, moments de détente et activité de prière qui constituait l'essentiel des heures. Par la suite, les élèves ont pénétré dans l'intérieur de l'Abbatiale, au sens strict, et ont pu observer les différents chefs-d'œuvre de l'Art roman comme le prophète Isaïe, le tympan, le trumeau et autres que beaucoup de touristes aujourd'hui encore viennent admirer. L'école toulousaine, dans le domaine de la sculpture, connue à Moissac avait fait école et est encore représentée à Souillac même. La place du Beffroi a permis de rappeler les guerres de religion qui ont touché la région d'où la destruction d'une bonne partie du Beffroi de la ville, mais aussi l'originalité, d'où l'attractivité de la cité. De là, le périple s'est poursuivi par la rue Orbe emblématique de la vie médiévale avec son étroitesse et ressemblant à un dédale chaotique; puis la rue du Pont a permis de faire le lien avec les éléments vus en classe autour du Moyen-Age et jusqu'à l'époque de Vicat avec sa maison à Souillac. Un détour a été fait par la place du Puits où les élèves ont pu voir la différence entre la rue du Puits, médiévale, et l'avenue Gambetta, de construction plus récente avec l'alignement des maisons. Les rues de Juillet et de la Halle ont permis de retrouver l'ambiance médiévale. Les activités de cet axe principal lors du Moyen-Age ont été évoquées en notant la présence de nombreux magasins et échoppes qui étaient les lieux d'activités du quart des Souillagais en 1832. En particulier, les locaux de la Bibliothèque Municipale ont été observés car le lieu était le site du relais de poste de Souillac jusqu'à la Révolution Française, élément essentiel en termes de transport sur l'axe Nord-Sud à l'époque médiévale.

Même en étant prévenus, les données météorologiques ne peuvent nous protéger de tout, surtout dans cette fin de printemps bien pluvieuse. Malgré une pause due à la pluie qui les a poussés à se réfugier salle St Martin, ils ont pu profiter de l’exposition photo pendant une heure et ils ont pu découvrir dans leur propre ville, les traces de l'Histoire qu'ils étudient en classe.

Cette journée conviviale a permis même aux élèves originaires de Souillac de redécouvrir leur ville sous divers angles historiques et culturels jusqu'à nos jours. Les élèves ont pu comprendre que même des lieux, qu'ils connaissaient, portaient une histoire qu'il était bon de comprendre ces lieux pour défendre, préserver, faire apprécier les atouts locaux d'autant plus quand ils peuvent être liés au programme scolaire. Le patrimoine n’est pas seulement l’affaire du mois de septembre, même si le temps pourrait laisser penser que nous ne sommes pas en fin d'année scolaire, mais après l'été!

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par admin vicat le 06 nov. 2014 à 09:46

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